Je m appelle Nadia Volf, j ai quarante quatre ans, je suis originaire de Leningrad redevenue Saint P tersbourg , j exerce la m decine en France depuis une douzaine d ann es En , mon mari et moi nous sommes enfuis de Russie avec notre petit gar on L un et l autre juifs, nous tions l objet de menaces permanentes, et il m tait devenu impossible aussi bien de soigner que de poursuivre les recherches scientifiques qui me passionnaient Je suis sortie major de la facult de m decine de Leningrad endipl me rouge, selon la terminologie sovi tique Apr s avoir fait une sp cialisation en neurologie, j ai t re ue l agr gation en , et nomm e professeur C est cette ann e l qu ont r ellement commenc nos probl mes On m aurait sans doute tol r e comme m decin de quartier, mais il n tait pas envisageable pour les autorit s qu une Juive enseigne la m decine et dirige un laboratoire de recherche Convoqu e au KGB, suivie, menac e, insult e, j ai compris que nous n avions plus de place parmi les n tres Et qu au del de nous, notre enfant n avait pas d avenir en Russie C est pourquoi mon mari et moi avons d cid de fuir, une nuit de d cembre , dans des circonstances dramatiques que je raconterai Parvenus en France apr s de douloureuses p rip ties, nous avons tr s vite obtenu le statut de r fugi s politiques Nous avons alors parcouru le long chemin de tous les exil s, de l apprentissage de la langue l obtention des dipl mes nationaux Quand, l ge de seize ans, mon baccalaur at en poche, je me suis pr sent e au concours d entr e la facult de m decine de Leningrad, je savais que sur les six cents places disponibles, six seulement taient r serv es aux Juifs Un pour cent, c est infiniment peu, n est ce pas Et cependant, je me disais que je ne survivrais pas un chec Par bonheur, j ai t admise, avec cinq autres Juifs dont Leonid Ferdman, mon futur mari Quand, l ge de trente deux ans, je me suis rendue l universit Pierre et Marie Curie, Paris, pour y repasser mes examens de m decine, et obtenir ainsi le droit d exercer en France, je me disais de la m me fa on que si on me refusait ce droit, je n y survivrais pas On ne me l a pas refus , j ai t re ue, et le lendemain m me j accueillais mes premiers patients D o vient que je ne me sens plus de place sur cette terre si on ne me laisse pas soigner D o vient que je ne respire qu travers l exercice de la m decine, comme si un doigt c leste m avait tr s t t dict mon destinC est d cid , je demande l asile politique Monoprix Non, il ne s agit pas du cri de guerre de l acheteuse compulsive C est l lan du docteur Nadia Volf, d couvrant Paris, et donc Monop, apr s avoir quitt Leningrad traqu e par le KGB Adolescente, elle se d couvre une vocation devenir m decin acupuncteur Elle m ne des recherches visionnaires sur les effets de l acupuncture et veut exercer la m decine un pinacle dans l inacceptable Bient t surveill e, puis arr t e, elle sera poursuivie par le KGB jusqu en Finlande, o elle tente de fuir avec sa famille Avec J ai choisi la libert , toujours aux ditions XO, on d couvre le versant autobiographique de celle que ses patients appellent la magicienne Julie Malaure Le Point dunovembre